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APRES LA TOURNEE DU MINISTRE BABA A L’OFFICE DU NIGER : pourquoi ne pas crever l’abcès RAJAA?

 

 

 

Vendredi et samedi derniers, le ministre de l’Agriculture, Baba BERTHE, était à l’Office du Niger où il a visité les champs, avant de s’enquérir des conditions de travail des exploitants agricoles, mais aussi des relations entre la direction de l’Office du Niger et les opérateurs privés nationaux ou étatiques (cas libyen, UEMOA ou Covec chinois).

« Je suis admiratif (devant le potentiel agricole de l’Office du Niger) et il revient (par conséquent) à notre pays d’accompagner le monde rural », a déclaré le ministre de l’Agriculture, Baba BERTHE, en signe d’encouragement à l’endroit du PDG, M. Amadou Boyi COULIBALY.

Mais, curieusement, le PDG de l’Office du Niger (ON) n’est pas « en odeur de sainteté collaborationniste » avec M. Sidi Al Mokhtar KOUNTA, PDG de la société RAJAA-SA.

D’ailleurs, le second, M. KOUNTA, vient d’adresser au premier, M. COULIBALY, une lettre en date du 5 avril 2013 (mais remise le 9 avril 2013 à 14h30 avec constat d’huissier du cabinet Me Bouram SIDIBE), pour lui faire part de ses « griefs » en matière de gestion de l’Office du Niger, singulièrement en ce qui concerne le bail dont bénéficie la RAJAA depuis les années 1985. 

La quête du graal agricole                                                                    « La vérité doit éclater. Cette vérité que nous n’avons pas voulu dire à l’Espace d’Interpellation Démocratique du 10 Décembre 2013 », a lancé M. KOUNTA, en faisant référence aux nombreux ampliateurs de cette lettre : autorités administratives, politiques et judiciaires de Ségou et du Mali, CEDEAO, etc.  

Pour preuve, a dénoncé M. KOUNTA, « malgré notre dernière lettre que nous vous avons adressée l’année dernière, en juillet 2012, en ampliation au Chef du Gouvernement et plusieurs Ministres, ça ne vous a pas empêché de nous discriminer pour la subvention d’engrais de l’Etat ». 

Oubli ou 

discrimination ? 

Il est temps, a-t-il interpellé le PDG,  « que vous nous expliquiez qu’est-ce que vous avez fait de l’engrais subventionné dû aux 564 hectares de la société RAJAA-SA, puisque sa superficie a été prise en compte lors de votre demande globale pour l’Office du Niger ».

« Nous demandons qu’un audit soit fait sur tous les engrais subventionnés et distribués au nom de la société RAJAA-SA depuis le début de l’initiative riz jusqu’à nos jours », a exigé M. KOUNTA qui dit avoir joint en appui à sa correspondance « la lettre n°230712/01 ».

« Les exploitants agricoles que la RAJAA-SA a installés sur une partie de sa superficie, et qui ont été vos victimes de discrimination notoire, l’année dernière, pour la subvention d’engrais, auront du mal, cette année 2013, à se faire expulser de ces mêmes terres, à moins d’un mois de la campagne agricole, pendant qu’ils ont renoncé à leurs anciennes terres à l’Office du Niger. Ils considèrent que c’est une perte sur perte pendant deux ans d’affilé. Donc, pas besoin de vous dire qu’ils ne quitteront pas comme vous l’aurez souhaité, ni n’accepteront pas de s’enfoncer dans la pauvreté et la galère après avoir surmonté votre refus de leur faire bénéficier de l’engrais subventionné de l’Etat. Ce n’est plus une affaire de se faire rembourser par la RAJAA-SA, ils se sont investis et mis tous leurs espoirs pour y rester assez longtemps afin de pouvoir s’épanouir comme vos exploitants de Siraninkoro », a martelé le PDG de la RAJAA. 

Deux poids, 

deux mesures ?

D’autre part, M. KOUNTA dénonce la politique de « deux poids deux mesures » au seul détriment de la RAJAA : « L’Office du Niger ne s’est jamais mêlé de la gérance du bail des Chinois. Pourquoi elle le fait avec la RAJAA-SA ? »

« Il y a lieu qu’un audit soit fait sur l’ensemble des sommes que vous avez perçu en lieu et place de la société RAJAA-SA. Et de prouver quelles sont les conseils de Ministres qui ont changé nos taux de redevance d’eau de 14 000 F CFA jusqu’à 67 000 F CFA ? Et qu’un autre audit soit fait sur tous les engrais de subvention distribués au nom de la société COVEC. Mais que faire lorsque la loi du plus riche est toujours la meilleure », a-t-il interpellé le PDG COULIBALY, en joignant à sa lettre « les factures pour la même année 2011 de la société RAJAA-SA et COVEC, une comparaison indiscutable », selon lui.

Il ne s’agit pas, s’est défendu le PDG de la RAJAAZ, « de créer des faux problèmes à nos frères et sœurs Chinois. Il s’agit de les encourager pour leurs investissements et les aider à mieux rentabiliser en étant plus productifs en réaménageant leur superficie et à l’entretenir avec les bénéfices afin que les exploitants agricoles Maliens puissent avoir des productions de Hautes Qualités et Quantités dans les saisons pluvieuses ». 

De 1998 à 2013, s’est réjoui M. KOUNTA,  « ils (les Chinois) sont à leur 15ème année et ils participent à la lutte contre la pauvreté du Mali sans perdre ». 

« Veuillez proposer à COVEC la nouvelle stratégie d’exploitation de la RAJAA-SA qui consiste de très bien réaménager toute sa superficie pour une excellente campagne de pomme de terre en saison sèche. En une seule campagne, son bénéfice net sera beaucoup plus supérieur de tous ses bénéfices de ces 15 ans d’existence à l’Office du Niger », a suggéré M. KOUNTA au PDG de l’ON. 

L’expérience bonifiée par le sérieux 

« Sachez que la société RAJAA-SA est venue à l’Office du Niger depuis 1985, c’est-à-dire que cette année 2013 est notre 28e année sur nos terres du bail emphytéotique. Donc, le temps même prouve que c’est une sérieuse société dévouée à l’agriculture depuis des décennies. Convenez avec nous que 28 ans n’est pas 28 minutes, ni 28 heures, ni 28 jours, ni 28 semaines, ni 28 mois », a rappelé M. KOUNTA avec fierté.

C’est la société RAJAA-SA, a-t-il précisé, qui a aménagé la totalité de ses terres du bail et c’est pour cela que l’endroit est très sollicité, ce n’est plus à l’état de friche. 

« Permettez-nous de vous faire un calcul simple pour que vous compreniez clairement de quoi il s’agit. L’aménagement d’un hectare, à l’Office du Niger, est à 3 000 000 F CFA. Donc, chaque famille qui a la chance d’être sur 1 hectare, déjà aménagées par la société RAJAA-SA, est installé sur une superficie de valeur de 3 000 000 F CFA pour la campagne. Et l’ensemble des 564 ha font : 3 000 000 x 564 =1 692 000 000 F CFA, UN MILLIARD SIX CENT QUATRE VINGT  DOUZE MILLION DE FRANCS CFA ! ! ! », s’est défendu M. KOUNTA. 

La société RAJAA-SA, comme n’importe quelle autre société dans ce monde, a fait noter M. KOUNTA, « fait des investissements pour gagner et non pour perdre ».

Etre remis dans ses droits 

Aussi, M. KOUNTA exige-t-il le respect de ses droits en la matière : « Nous venons de réaliser que notre premier bail à  domaine congéable de 1760 hectares, renouvelable pour 15 ans, est toujours valable. Car, il n’a jamais été résilié puisqu’il n’existe aucun article dans le deuxième bail (bail emphytéotique n°000001) qui le résilie ».

« Veuillez nous restituer, immédiatement, la totalité de nos terres du bail à domaine congéable de 1760 hectares que nous avons aménagé et qui se reconduisent par tacite reconduction », a invité M. KOUNA, avant d’énumérer les actes posés par les responsables de l’Office du Niger à l’encontre, selon lui, de la RAJAA, notamment les incidents répétés du village de Siraninkoro.

Ce qui, selon lui, a eu des conséquences sur la RAJAA dont « les partenaires les plus importants ont préféré se retirer face à l’insécurité consécutive depuis 2007 ». 

Le dernier acte en date, souligne M. KOUNTA, concerne « l’exécution provisoire » prononcée par le juge de Macina contre la RAJAA sommée de vider les lieux.

Toutefois, la RAJAA ne s’avoue pas vaincue à ce stade juridique et judiciaire, rappelant à sa rescousse certaines dispositions en matière foncière : « Attendu qu’il ressort des prescriptions de l’article 531 du C.P.C.C.S que « hors les cas où elle est de droit, l’exécution provisoire peut être ordonnée à la demande des parties ou d’office chaque fois que le Juge l’estime nécessaire et compatible avec la nature de l’affaire, à condition qu’elle ne soit interdite par la loi »». 

Enterrer la hache de guerre 

« La société RAJAA-SA n’est pas et ne sera pas l’ennemie de l’Office du Niger ou de qui que ce soit. Tout ce que nous voulons est que vous nous laissez persévérer dans nos projets de développements agro-industriels qui demandent la quiétude sur nos terres du bail et toute autre terre de l’Office du Niger. Une de nos stratégies de la sortie de crise est de rassurer nos partenaires qu’ils peuvent venir exploiter les différentes opportunités d’affaires qui existent à l’Office du Niger, maintenant plus que jamais, puisque la majorité des anciens investisseurs ont déserté les lieux ou attendent que tout soit parfait. Seul les visionnaires et ambitieux sauront comprendre notre appel. Il est grand temps d’encourager tous les détenteurs des  grandes superficies des baux de l’ON, de commencer à préparer et pouvoir présenter leur participation, évolution et productivités en Qualité et en Quantité pour le jour de l’anniversaire du Centenaire de l’Office du Niger en 2032, à moins de Vingt (20) ans », a plaidé M. KPUNTA, avant sa de « remercier nos frères et sœurs Français grâce à qui nous avons eu la création de l’Office du Niger sur notre territoire ». 

« Donc, je propose, pour l’instant, l’attribution des grandes superficies à certains pays connu pour leur savoir-faire dans l’agriculture et qui sera une stratégie Gagnant / Gagnant pour tous : 100 000 hectares pour la France, 100 000 hectares pour les USA, 100 000 hectares pour les Chinois, 100 000 hectares pour les Saoudiens, 100 000 hectares pour les Egyptiens », suggère à nouveau M. KOUNTA.

« Le jour de l’anniversaire du Centenaire de l’Office du Niger, la jeunesse du Mali et jeunes diplômés seront à la hauteur de la confiance que le Mali leur aura investi ou octroyé. Veuillez enterrer vos haches de guerre et donnons-nous la main. Ensemble, cultivons le futur, pour un meilleur Mali de demain. Nous sommes et resterons toujours un partenaire au développement de l’Office du Niger, même si nous avons du mal, temporairement, à nous faire comprendre de ses dirigeants qui nous obligent à faire parler nos cœurs avant que ça ne soit trop tard. Veuillez revenir à de meilleurs sentiments afin que nous puissions vous aider pour une bonne stratégie de sortie honorable pour vous, car jamais nous n’abandonnerons facilement nos terres du bail après tant d’investissements financiers et physique. La société RAJAA-SA, étant une continuité et l’une des premières grandes sociétés agro industrielle, venir s’installer à l’Office du Niger, est déterminée d’assumer sa responsabilité et son devoir, au mépris de tout ce qui peut être un obstacle », a conclu M. KOUNTA qui compte beaucoup sur le ministre de l’Agriculture et les autres institutions de la républiques pour que triomphe « un Mali qui gagne dans le sentier de l’autosuffisance alimentaire», en prenant à bras le corps le dossier de la RAJAA pour le vider « dans l’intérêt bien compris de tous ».  

Par Seydina Oumar DIARRA-SOD

 

 

 

 

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