Holding CMDT : 547 milliards FCFA sur 5 ans
Les représentants de l’ensemble des acteurs du secteur coton sont réunis, depuis hier lundi, à l’hôtel Amitié, pour valider le programme stratégique du quinquennat 2013-2018 de la CMDT. La cérémonie d’ouverture de cette importante rencontre était présidée par le ministre de l’Agriculture, Baba BERTHE.
Regroupant les représentants de tous les acteurs intervenant dans le secteur (services de l’État, chercheurs, producteurs, partenaires techniques...), la rencontre de deux jours permettra de valider les grandes ambitions de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) pour les cinq années à venir.
Ces grands axes du quinquennat sont: le développement de la production cotonnière et céréalière pour atteindre 800 000t de coton graine et 3 000 000t céréales sèches par environ 204 000 exploitants agricoles à l’horizon2017/2018; la réhabilitation et l’ouverture des pistes agricoles pour une évacuation des produits agricoles; la remise en état de l’outil industriel et son renforcement (acquissions de matériels roulant, construction de trois nouvelles usines d’égrenage, etc.); le développement d’une politique commerciale adaptée; la recherche de financement adapté aux besoins d’investissement du programme; et l’adéquation des ressources humaines dans les différents domaines d’activités.
Dans son intervention, le président directeur général de la holding CMDT, Salif Abdoulaye CISSOKO, a précisé que pour aboutir à ce programme quinquennal cohérent et partagé avec les différents acteurs de la filière, l’interprofession du coton du Mali (IPC-Mali) a organisé des ateliers régionaux dans les différentes filiales et à l’Office de la Haute vallée du Niger.
En remontant dans le temps, le PDG a rappelé que durant les trois dernières campagnes (2009 à 2012), le Mali a enregistré une forte progression de sa production cotonnière. Elle a passé de 229 000T en 2009 à 445 314 T en 2012 et s’établira à environ 450 000T pour la campagne 2012/2013, a-t-il précisé.
Cette progression, a constaté Salif Abdoulaye CISSOKO, reste fragile malgré les efforts fournis dans l’approvisionnement en intrants subventionnés, l’augmentation du prix du coton graine aux producteurs et le paiement à temps.
Car, a diagnostiqué le PDG, la filière reste confrontée à d’énormes difficultés en dépit des réformes mises en place.
Il s’agit, entre autres, selon M.CISSOKO, des contraintes naturelles liées à la précarité des saisons pluvieuses et à la diversité des ravageurs, de la baisse de la fertilité des sols, du non-respect intégral des paquets technologiques, du faible taux de production et d’utilisation de la fumure organique.
Aussi, l’état actuel de l’outil de production industrielle est tributaire des difficultés qu’a connues la CMDT au cours de la dernière décennie, a précisé le patron de la structure.
Ces difficultés consécutives à la chute drastique des cours du coton n’ont pas permis à la holding la conduite d’un véritable plan de maintenance, selon l’orateur.
Pire, les révisions des installations industrielles ont été confrontées à des problèmes de disponibilité ou de qualité des pièces.
Ainsi, l’état du parc industriel n’a pas suivi la progression de la production, d’où un grand risque de dépassement de la capacité de transport.
Un autre constat amer du PGD reste la dégradation avancée des pistes agricoles avec, comme corollaire, les difficultés d’évacuation des produits dans les zones d’intervention.
«Dans un marché mondial de plus en plus concurrentiel, la prise en compte des besoins, des attentes, voire même des exigences des clients, devient plus qu’une impérieuse nécessite. Ceci est d’autant plus important que c’est la garantie de meilleurs prix de vente de la fibre et la fidélisation des clients», a martelé le PDG CISSOKO.
Il a révélé que la réforme du secteur coton entreprise par l’État connaît une seconde phase suite à l’appel d’offres international rendu infructueux au mois de juillet 2012.
Face à ces nombreux défis, les acteurs de la filière projettent de réaliser une progression moyenne de 70 000 t par an à partir de 2013/2014, a déclaré le PDG.
Pour arriver cette fin, il faut 547 milliards FCFA, a-t-il conclu.
Selon ministre de l’Agriculture, Baba BERTHE, la place du coton dans l’économie malienne n’est plus à démontrer.
Car, a-t-il révélé, il occupe le 2è rang des produits exportés après l’or.
Il a souhaité qu’au terme des deux jours d’échanges, les participants apportent les solutions nécessaires à tous les goulots d’étranglement du secteur.
Baba BERTHE a rendu hommage à l’ensemble des acteurs du domaine et singulièrement aux coton-culteurs sans lesquels, il n’y a pas de production.
Le ministre a réitéré la détermination du gouvernement à accompagner ce secteur pour le bien-être de la population.
Dans un bref entretien accordé à la presse, le double président de l’Union nationale des sociétés coopératives de producteurs de coton (UN-SCPC) et l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Bakary TOGOLA, a indiqué que la production d’un million de tonne par an est bien possible au Mali.
Car, a-t-il martelé, notre pays a suffisamment de terre exploitable et il suffit que l’État joue toute sa partition.
Par ailleurs, il faut noter que la 72è session du conseil d’administration de la CMDT s’est tenue le 12 avril dernier. Aux termes des débats, le conseil a approuvé le procès-verbal de la 71è session; arrêté les états financiers de l’exercice 2012 qui font ressortir des capitaux propres 26 milliards FCFA, 14 milliards FCFA au titre du résultat et un bilan de 227 milliards FCFA.
Rappelons que la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) est une entreprise d’État créée en 1974 pour gérer la filière coton. Elle est chargée d’organiser la production et la commercialisation du coton sur l’étendue du territoire national. Elle possède plusieurs sites de production à travers le pays, notamment à Koutiala, Fana.
Par Hamidou TOGO


